POUR UNE POLICE MUNICIPALE DE LA TRANQUILLITÉ PUBLIQUE : PRÉVENTION, MÉDIATION ET CADRE DE VIE

Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les Bagnoletais sont les témoins d’une augmentation des incivilités (tapages, dépôts sauvages, …), des dégradations, des cambriolages et des agressions (vols à l’arrachée notamment) dans leur ville. Face à leur colère, seuls le désengagement de l’Etat et l’abandon des quartiers populaires sont perceptibles. Parallèlement les réponses municipales d’hier et d’aujourd’hui sont inopérantes et renvoient à demain le début de réponses concrètes.

A ce jour le commissariat des Lilas est responsable de quatre villes (bientôt trois) et Bagnolet n’hérite que d’un commissariat divisionnaire, c’est-à-dire d’une antenne. Bien maigre pour une ville de près de 40.000 habitants qui connaît tant de problèmes.

Dans le même temps, Bagnolet est aussi l’une des rares villes de Seine-Saint-Denis à ne pas avoir de Police municipale.

Or pour répondre à la recrudescence de l’insécurité et des incivilités les partis politiques de Bagnolet réclament à corps et à cri un commissariat de plein exercice qu’ils savent pertinemment qu’ils n’obtiendront jamais. Faute d’imagination sans doute, ils s’en sont remis notamment à la vidéo-surveillance, dispositif attentatoire aux libertés publiques, coûteux pour les finances locales et garantissant un résultat quasi nul à part pour le chiffre d’affaires des opérateurs privés chargés de son déploiement.

Dès lors que faire ? Il est temps de remettre de l’humain dans notre ville en installant une Police municipale de la tranquillité publique dont l’action principale sera la prévention, la médiation et la protection de l’environnement et de notre cadre de vie.

Cette police ne devra pas être armée. Elle sera une police de l’îlotage (sécurisation des abords des écoles, des commerçants, des lieux de vie, des événements culturels et sportifs, …) et non pas de l’intervention ;

Cette police devra œuvrer à la prévention et son travail reposera sur le dialogue et la dissuasion en partenariat étroit avec les acteurs sociaux ;

Elle sera chargée de la propreté et de la salubrité (répression des dépôts sauvages notamment) pour préserver l’écologie et le cadre de vie ;

Pour garantir son action elle devra être placée sous le contrôle permanent de la population et en dialogue constant avec elle ;

Elle ne devra pas être une police du centre-ville mais une police de toute la ville, pour ne délaisser aucun quartier ;

Enfin, en aucun cas elle ne sera l’identique de la Police nationale. Elle pourra faire le lien avec le commissariat concernant notamment les problématiques d’insécurité lourde et le trafic de stupéfiants, mais son action devra être circonscrite à une présence humaine constante, rassurante, ouverte au dialogue, contrôlée et articulée avec le travail déjà menée par les Agents de Surveillance de la Voie Publique ASVP (comme c’est le cas dans de nombreuses villes d’Est Ensemble aujourd’hui).

De l’humain pour plus de tranquillité ;

De l’humain pour préserver le cadre de vie et l’environnement ;

Des pouvoirs maîtrisés et contrôlés par les citoyens pour que cette police ne soit surtout pas celle du maire mais celle de la population, au service de tou.te.s ;

Car les dernières années nous ont montré combien la police pouvait être instrumentalisée par le pouvoir, de Sivens à Notre-Dame des Landes, des mouvements sociaux traditionnels aux Gilets Jaunes, avec son cortège de contrôles au faciès, de dénis de justice, de blessés et même de morts.

Malgré l’instauration d’une Police municipale, nous ne pourrons, pour traiter les problèmes d’insécurité et d’incivilités en aucun cas faire l’économie d’un travail politique de profondeur sur l’action des centres sociaux, des centres de quartier, des intervenants sociaux et des dispositifs de prévention, sujets sur lesquels nous reviendrons prochainement. Ils sont centraux et primordiaux.

Mais il est désormais indispensable, face au scandaleux retrait de l’Etat et aux abus et violences policières notamment dans les quartiers populaires, que Bagnolet, notre ville, définisse le cadre strict, sous contrôle populaire, d’une Police municipale qui deviendrait l’un des indispensables traits d’union entre les citoyens et leur cadre de vie.

Il est temps car les agressions, dégradations et incivilités sont trop nombreuses dans notre ville. Or à l’injustice sociale s’ajoute un sentiment d’intranquilité qui touche tous les citoyens mais principalement ceux des quartiers populaires qui vivent  une double peine. Il est temps d’agir. La police municipale de la tranquillité publique ne sera qu’un axe d’une réponse globale. Mais un axe indispensable.

Edouard Denouel

Photo: Ville de Tremblay-en-France

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